Paul OHLOTT / Enseignement biblique pour une Eglise théocratiquement fonctionnelle (Partie I)

C’est dans l’Evangile de Matthieu, au chapitre 16 et au verset 18, que le Christ parlera pour la première fois de bâtir son Eglise (entité spirituelle). Comment le Seigneur a-t-il bâti son Eglise et comment a-t-il mis en place son gouvernement sur la Terre au travers de l’Eglise ? Réponse dans cet enseignement biblique proposé par le pasteur Paul OHLOTT, en charge du Centre Chrétien Carmel de Toulouse. Cet enseignement vise à repréciser – voire même rétablir, dans certains cas – les bases doctrinales d’une Eglise théocratiquement fonctionnelle, afin que la véritable Ekklesia puisse (re)commencer à « bouleverser le monde ».

I] PROPOS LIMINAIRES : LA NAISSANCE DE L’EKKLESIA

« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16 v 18)

Matthieu va transcrire la déclaration du Christ en utilisant le mot grec Ekklesia. Par la suite, le même mot sera employé par le médecin Luc (auteur des Actes des Apôtres), par Jacques et Jean, ainsi que par l’Apôtre Paul, à de nombreuses reprises, dans la plupart de ses Epîtres. Plus d’une centaine de versets emploie le mot Ekklesia, d’où l’importance, de s’y intéresser en guise de propos liminaires à cet enseignement biblique sur le Gouvernement de Dieu au travers de l’Eglise.

L’Ekklesia est un mot composé de « ek » (qui signifie : hors de) et de « Klésis » (qui signifié appel). L’Ekklesia est généralement définie comme l’assemblée de ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur, convaincus de devoir vivre une nouvelle vie « hors de l’esprit du monde », et qui se retrouvent en étroite communion fraternelle. Cependant, il est intéressant de noter que ce mot avait un sens bien particulier dans l’Antiquité, puisqu’il désignait une assemblée de nature politique à Athène : « L’Assemblée des citoyens », qui était en charge de voter les lois, le budget, la guerre…etc.

Ce n’est certainement pas par hasard, que le Christ compare son Eglise à l’assemblée politique de l’époque. De toute évidence, l’Eglise a reçu l’autorité et le mandat divin de répandre le Royaume de Dieu sur Terre. Véritable ambassade de Dieu sur la Terre, l’Eglise est appelée à manifester une « mission intégrale » qui ne peut se réduire à la simple annonce de la Bonne Nouvelle pour le Salut des âmes ou encore à l’implantation d’églises locales, même si ces deux missions sont bien évidemment fondamentales et sans nul doute prioritaires.

L’Eglise du 21ème siècle doit s’interroger sur l’impact spirituel des premiers disciples, qui étaient perçus comme des hommes qui « bouleversaient le monde », en prêchant « un autre Roi ». Il est intéressant de noter l’accusation qui est portée à l’encontre de l’Apôtre Paul, de Silas et de leurs disciples dans Actes 17 v 6-7 : «Ces gens qui ont bouleversé le monde sont aussi venus ici, et Jason les a accueillis. Ils agissent tous contre les édits de l’empereur en prétendant qu’il y a un autre roi, Jésus»

Lorsque l’Eglise ne se limite plus à la seule prédication du Salut des âmes, mais qu’elle commence à prêcher la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ; lorsqu’elle manifeste son gouvernement sur la Terre en appelant les citoyens « hors de » l’esclavage de ce monde, et qu’elle ose revendiquer une autre autorité – qui se veut être de surcroît une autorité suprême – que celles qui nous gouvernent sur la Terre, elle va indubitablement bouleverser le monde et se heurter à de grandes oppositions. Voilà qui nous permet de mieux comprendre pour quelles raisons, qu’on le veuille ou non, « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (II Timothée 3 v 12)

Même si dans l’absolu, l’Apôtre Paul nous invite à « être en paix avec tous les hommes, autant que cela dépende de nous » (Romains 12 v 18) et que la Christ va enseigner qu’il faut « rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu » (Luc 20 v 25), notre citoyenneté céleste (marquée par une vocation céleste) va inexorablement, tôt ou tard, se confronter à un positionnement qui ne sera pas compatible avec les exigences de plus en plus oppressantes d’un monde impie sur notre citoyenneté terrestre. Nous l’avons notamment expérimenté avec la récente loi du « mariage pour tous », qui a introduit très largement la bénédiction des « couples homosexuels » dans diverses églises traditionnelles. Et plus le temps va s’écouler, plus nous entrerons de plain-pied dans la dispensation de « la fin des temps », plus la confrontation entre nos deux citoyennetés sera déchirante et nécessitera de notre part d’être pleinement positionné dans la Vérité. Un peu à l’image de l’intégrité de Daniel et de ses compagnons, face à un édit idolâtre du roi Nébucadnetsar (Cf le chapitre 3 du livre de Daniel).

Cette réflexion rejoint celle de l’un des pères de l’Eglise, Augustin d’Hippone, plus connu dans la tradition catholique comme « Saint Augustin », qui a écrit un ouvrage en l’an 426 de notre ère, intitulé : « La Cité de Dieu ». Dans son livre, Augustin parle de deux cités : la cité de l’homme et la cité de Dieu, qui présentent des caractéristiques antinomiques. D’un côté, il décrit la cité de l’homme comme une société païenne vivant selon ses moeurs dépravés, et de l’autre côté, il présente la Cité de Dieu comme l’assemblée des Saints qui vivent en conformité avec la Parole de Dieu. Cette opposition des deux cités rejoint une déclaration très intéressante du Christ dans Matthieu 5 v 14-16 : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».

Le Christ compare son Ekklesia – l’assemblée de ses disciples – à « une ville située sur une montagne » et « qui ne peut être cachée ». Lorsque la Bible mentionne une montagne et une ville, bien souvent cette ville est Jérusalem. Et aujourd’hui, l’Église constitue la nouvelle Jérusalem. En Galates 6 v 16, Paul affirme que nous sommes l’Israël de Dieu, le vrai peuple élu de Dieu. En d’autres termes, Jésus est en train de nous dire, en référence également avec Esaïe 60 v 1-3, que nous sommes appelés à être cette ville sur la montagne, qui domine toutes les hauteurs et tous les peuples viendront vers elle pour leur Salut. Les nations verront que Dieu a établi sa maison sur cette montagne, dans cette ville, la Cité de Dieu, et c’est ainsi que nous pourrons faire de toutes les nations des disciples »

Dans cette même pensée, il n’est pas anodin que l’Apôtre Paul compare notre mission à celle d’un Ambassadeur, sachant que la définition même de la fonction d’un Ambassadeur est d’être « le représentant d’un gouvernement (ou d’un Etat) auprès d’un autre », dans II Corinthiens 5 v 20 : « Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel ». Un appel qui réconcilie les hommes avec Dieu en les libérant de l’esclavage de ce monde. Les intérêts de ce monde n’étant pas ceux du Royaume de Dieu… nous n’échapperons pas à devenir les responsables d’un véritable « conflit d’intérêt » en prêchant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! Pour peu que nous désirions pleinement accomplir notre mission sur la Terre en tant « qu’élus de Dieu » (Romains 8v33, Tite 1v1 et Colossiens 3v12) revêtus d’un « sacerdoce royal » (I Pierre 2 v 9), nous sommes condamnés à « bouleverser le monde » ! Quelle glorieuse destinée !

Cette glorieuse destinée est à portée de mains…. à condition de comprendre les principes de fonctionnement de Son Eglise ! Le zèle et l’onction ne suffisent pas pour participer à l’avancement du Royaume de Dieu sur la Terre.

II] UNE EGLISE THEOCRATIQUEMENT STRUCTUREE ET ORGANISEE POUR GOUVERNER

Afin de manifester son Royaume sur la Terre, le Saint-Esprit a permis la prolifération d’Ekklesia locales, qui se présentent comme des communautés de croyants confessants. Pour autant, pour que ces communautés puissent fonctionner et remplir à bien la mission que le maître nous a confié, celles-ci sont dans l’obligation de se structurer et de mettre en place un fonctionnement interne, qui est en phase avec la pensée de Dieu pour Son Eglise… car la pensée de Dieu n’est pas inspirée par les philosophies de ce monde. En effet, l’Eglise de Christ n’est ni libertaire, ni anarchique, ni individualiste, ni traditionnelle, ni égalitariste… sans quoi elle ne pourrait correctement « bouleverser le monde »… elle y ajouterait au contraire de la confusion et de la division, ce que les nombreuses déviances actuelles nous révèlent aisément.

D’un point de vue fonctionnel, l’Eglise de Christ est non seulement comparée à l’assemblée politique de l’Antiquité (la fameuse Ekklesia d’Athènes dont on a parlé dans les propos liminaires), qui étaient bien organisées pour permettre la mise en place d’un gouvernement efficace, mais il est également important de mettre en exergue que l’Eglise néo-testamentaire est aussi présentée sous les traits d’une Armée ou d’un Corps parfaitement coordonné par le Saint-Esprit  – outrepassant bien souvent notre logique et nos désidératas humains, quant au positionnement de chacun dans ce corps -, où chacun des membres est à sa place, dans le respect des principes d’autorités établis par les fondements apostoliques sur lesquels notre foi est appelée à y être solidement fondée, sans quoi nous participerons inexorablement aux nombreuses déviances actuelles qui affaiblissent la mission de l’Eglise.

Alors… Qui conduit ? Qui décide ? Qui contrôle ?… Et selon quels principes d’autorité ?… Voilà autant de questions qu’il est intéressant de se poser pour que chacun puisse apporter sa « pierre vivante » à l’édifice spirituel que nous représentons. Mais avant de répondre plus concrètement à ces questions, il est primordial de se placer sous le bon régime.

En régime « théocratique » toute autorité vient « d’en haut », en régime « démocratique » c’est de la « base » qu’elle émane. Incontestablement, l’Ekklesia locale est, par essence, une « théocratie », à savoir une micro-société gouvernée par Dieu. Pour autant, le régime théocratique ne signifie pas que l’autorité divine se soustrait totalement au canal humain pour s’exercer. Il est donc indispensable de se poser une autre question :  Comment se concrétise cette direction de Dieu au milieu des hommes ? Comment ses directives se transmettent-elles jusqu’à nous, comment les recevons-nous ?

A) LE MODELE « EPISCOPAL »

Afin d’entrer en profondeur sur le sujet, je vous expose une réflexion de Daniel Bresch sur « le type de gouvernement de l’église locale » :

« Le mot théocratie fut inventé par l’historien Flavius Josèphe (1er siècle) pour désigner le gouvernement de Dieu sur Israël. Dans ce sens spécifique, il qualifie le régime fondé au Sinaï par le don de la Loi, instaurant une Alliance entre Dieu qui détient tous les pouvoirs (Es 33.22) et le peuple libéré de l’esclavage en Egypte. Moïse fut le médiateur de cette alliance (Ex 19.4-6).

En fait, le pouvoir divin fut exercé par les prêtres et les juges. Plus tard, les rois ne furent que les régents de Dieu (Dt 17.14-15). D’ailleurs, les prophètes – autre « pouvoir » – ne se privèrent pas de les interpeller à ce sujet. Pour tout le peuple, le contrat exigeait un engagement d’obéissance totale à la loi divine (Ex 19.8 ; Dt 10.12-13). On connaît les dérives qui ont suivi et le sort du régime qui s’acheva tragiquement avec l’Exil en Babylonie.

Mais la notion du règne de Dieu restait entière et allait s’approfondir : ce règne ne pouvait être limité au gouvernement d’un seul peuple, d’une seule nation, selon des dispositions légales particulières (religieuses, civiles, politiques). Déjà les prophètes en avaient dévoilé les dimensions nouvelles et universelles, et sa nature fondamentalement spirituelle. C’est d’une tout autre manière que Dieu exercerait son autorité et étendrait son règne : par le Messie, Jésus, son Fils, et jusqu’aux extrémités de la terre (Es 11.1-5 ; 49.6).

Le Christ est venu, non pour instaurer une théocratie de type ancien, mais pour annoncer et préparer ce royaume nouveau de Dieu (Mt 4.17 ; Luc 4.43). Sans être encore l’accomplissement du projet divin, l’Eglise est, maintenant déjà, le signe et l’agent du règne à venir. L’appel à la conversion et à la foi qu’elle fait retentir est une invitation à entrer dans ce royaume (Ac 28.31 ; Jn 3.3,5). Il serait, en fait, préférable de dire que l’Eglise est une « christocratie », ce qui rendrait mieux compte de la relation spécifique entre le Christ, la tête – ou « chef » -, et l’Eglise, son corps, par l’Esprit qu’il a envoyé (Ep 1.22-23 ; Col 1.18).

Pour en revenir à l’Eglise ici-bas, le « système » de gouvernement qui se rapprocherait, théoriquement, le plus du modèle est celui qu’on appelle « épiscopal », d’après le mot qui, littéralement signifie surveillant. Celui-ci est investi de tous les pouvoirs sous toutes ses formes, le troupeau lui est soumis et dévoué. A l’échelle locale cela peut être le pasteur ou l’ancien. Il peut agir seul, en «monarque» ; s’il y a plusieurs responsables, on peut parler « d’oligarchie »

(…) La vocation du pasteur ou des anciens (conduire, instruire, exhorter l’Assemblée par la Parole de Dieu) vient de Dieu ! Leur autorité ne dépend pas du choix des humains, ce n’est pas l’Eglise qui leur délègue un pouvoir ; s’il y a délégation elle vient du Seigneur, le maître de la maison. D’emblée il faut alors ajouter que pareillement l’appel de tout membre de la communauté (écouter, accueillir, mettre en pratique l’Evangile) dépend fondamentalement non d’une autorité humaine, mais du Seigneur lui-même, agissant par son Esprit. Ainsi, responsables et fidèles, au même titre, sont serviteurs du même Seigneur, pour la cause du même Evangile. Cela va contre tout cléricalisme déclaré ou caché, qui fait la différence entre « clercs » et « laïcs ». Toutefois, si tous n’ont pas les mêmes dons, les mêmes fonctions, les mêmes « ministère » (littéralement services et non honneurs), tous en ont certainement un, voulu en tout cas par le Seigneur, (cf. 1 Co 12).

En même temps, tout pouvoir exercé mérite d’être « examiné » (1 Th 5.21). Apporte-t-il à chacun le bien, la paix, l’interpellation, l’ordre qu’il faut pour sa paix et son bien ? C’est ici qu’intervient le rôle d’une régulation collégiale et communautaire. Ce « contrôle » se pratique pleinement lorsqu’il y a liberté de parole et de débat. Ce qui est donc demandé de tous impérativement, c’est d’exercer, chacun pour sa part et ensemble, devant Dieu, le discernement (1 Th 5.12-22).

B) LA RESURGENCE DES CINQ MINISTERES-DONS QUE DIEU A « DONNE A L’EGLISE »

« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs » (Ephésiens 4 v 11)

« Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de ministères, mais le même Seigneur; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. (…) Et Dieu a établi dans l’Eglise premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils? » (I Corinthiens 12 v 4-11 ; 28-30)

Si le modèle « Episcopalien » est effectivement le plus proche de la pensée de Dieu, concernant le gouvernement de Dieu au sein de l’Ekklesia, celui-ci doit s’enrichir impérativement de la résurgence de la primauté et de la complémentarité des cinq ministères-dons que Dieu a donné à l’Eglise, qu’on appelle aussi les « ministères de la parole » (Actes 6 v 4).

Afin de s’en convaincre pleinement, je cite quelques extraits d’une réflexion très pertinente du pasteur Miki Hardy, de l’église CTMI (Church Team Ministries International)

« De nos jours, malheureusement, de nombreux chrétiens reconnaissent l’existence des cinq ministères sans réaliser leur intérêt et sans comprendre leur rôle dans l’Eglise d’aujourd’hui. D’autres semblent troublés par l’impact possible de ces ministères sur leur ministère personnel, et préfèrent les ignorer et chercher ailleurs. Quelle que soit la croyance de chacun, aucun chrétien sincère ne peut conclure que les dons faits par Jésus aux hommes pour conduire et construire son Eglise étaient exclusivement destinés à l’Eglise primitive. Tout ce qui a été écrit dans le Nouveau Testament au sujet de ces ministères travaillant ensemble pour construire l’Eglise sera d’actualité aussi longtemps que celle-ci sera sur terre. Le même Esprit qui était à l’oeuvre lorsqu’elle a commencé est toujours à l’oeuvre aujourd’hui. Jésus n’a pas changé. Encore aujourd’hui, Il donne des ministères identiques à ceux qu’Il a donnés au commencement, et cela dans le même but : que son corps, l’Eglise, soit édifié et que son peuple arrive à la perfection en Lui. Dans les années sombres de la Chrétienté, ces cinq ministères avaient disparu pour un temps parce que le monde et la religiosité étaient entrés dans l’église. Mais aujourd’hui, Dieu est en train de les restaurer et d’emmener le peuple sur la vraie fondation, afin qu’il parvienne à la maturité et atteigne l’unité de la foi. C’est pour cela que ces ministères, qui ne peuvent qu’être unis par le message de l’évangile de la croix, sont primordiaux pour l’Eglise.

DES ONCTIONS DIFFÉRENTES

Chacun de ces ministères est représenté par une onction spécifique, et chaque onction est différente. Tout le travail accompli par ces ministères dépend entièrement de l’onction qui leur est attachée. C’est pourquoi il est dangereux d’essayer de les définir par la façon dont nous pensons qu’ils “devraient” fonctionner. Cela conduit les hommes à s’approprier des titres et à imiter les autres. Jésus exerçait lui-même les cinq ministères et il les accorde comme il lui semble bon, pour que sa propre nature soit donnée à l’Eglise au travers d’hommes en qui Il investit son onction. Ainsi ces ministères représentent-ils Jésus dans l’Eglise. Quand ils travaillent ensemble dans l’unité, Christ est manifesté. L’autorité de l’Eglise de la nouvelle alliance est représentée par les cinq ministères et par les autres anciens de l’église locale, travaillant ensemble pour accomplir la volonté de Dieu. Par conséquent, une personne seule ne peut représenter qu’une partie de l’autorité de Christ dans l’église locale.

TRAVAILLER ENSEMBLE

Les cinq ministères ne sont pas des ministères indépendants. Une personne seule ne peut pas accomplir l’oeuvre de Dieu. Les cinq ministères travaillant ensemble sont essentiels pour l’Eglise. Dans l’Eglise aujourd’hui, on considère que si vous êtes enseignant, vous avez votre propre ministère, si vous êtes évangéliste, vous avez votre propre ministère, et si vous êtes prophète, vous avez votre propre ministère. Malheureusement, dans la plupart des cas, ces ministères ne sont reliés ni à l’église locale ni entre eux. La plupart d’entre eux sont totalement indépendants et ne rendent de comptes à personne. Ils prêchent ce qu’ils veulent, font ce qu’ils veulent et vont où bon leur semble. Je ne vois aucune trace de cette manière de faire dans le Nouveau Testament. En fait, je vois exactement le contraire. Je vois des ministères qui travaillent en relation les uns avec les autres, des hommes envoyés par une église locale dans une autre église locale afin d’équiper les chrétiens et d’édifier le corps de Christ. Et, dans tous les cas, je vois qu’ils étaient soumis les uns aux autres. Ce travail d’unité dans le même esprit est le fruit de l’évangile de la croix que ces ministères ont dans leur coeur.

LA VOLONTÉ DE DIEU POUR L’EGLISE

Ainsi, les différents ministères sont envoyés. C’est un point essentiel qu’il nous faut comprendre. Nous voyons, dans le livre des Actes et dans les épîtres de l’apôtre Paul, qu’il était envoyé par son église locale, et lorsqu’il revenait, il rendait compte de sa mission parce qu’il avait été envoyé. Quand vous n’avez pas été envoyé, vous n’avez de comptes à rendre à personne. Vous êtes indépendant et vous faites ce que vous voulez. Pourtant, on voit dans les Ecritures que les ministères et les croyants étaient envoyés, de leur église locale, par l’apôtre ou par le corps d’anciens. L’apôtre Paul faisait partie du corps d’anciens de l’église locale d’Antioche. Il partait en voyage missionnaire et revenait. Lors de ses voyages, il construisait des relations durables avec ses compagnons et avec les autres hommes oints dans d’autres églises locales. De plus, il continuait à travailler en unité avec eux pour répandre l’Evangile et fortifier l’église.

Il y a de nombreux exemples dans le livre des Actes et les épîtres du Nouveau Testament qui montrent comment les cinq ministères travaillaient ensemble dans l’unité, afin d’équiper les chrétiens pour l’oeuvre du ministère et conduire l’Eglise à la maturité. Nous voyons les apôtres travailler étroitement avec tous les autres ministères, qu’ils soient prophètes, évangélistes, pasteurs ou enseignants. Personne n’agissait dans l’indépendance, chacun reconnaissait le rôle et la valeur de l’autre et cela emmenait l’unité dans la foi et une ferme fondation pour l’Eglise. Tous ces ministères sont indispensables, parce que chaque onction est différente mais nécessaire pour la construction de l’Eglise. Les chrétiens sont alors capables de grandir dans la connaissance du Fils de Dieu et de parvenir à la maturité, en atteignant la plénitude complète de Christ (Ephésiens 4:13). C’est cela la volonté de Dieu pour son Eglise.

C) LE RÔLE DES CINQ MINISTERES DONS ET DES DIACRES

Conscient de l’importance de redonner à chacun de ses ministères, sa juste place, prenons le temps de bien définir le rôle de chacun d’eux.

  • L’Apôtre : le ministère d’apôtre est un ministère d’autorité qui affermit les églises dans l’enseignement et l’organisation. Il est accompagné de signes irréfutables. L’apôtre pose la fondation, il révèle Christ et le coeur de Christ pour l’église.  L’apôtre est aussi celui qui protège la saine doctrine de Christ.
  • Le prophète : le ministère de prophète est attaché à une assemblée, d’où il part, conduit par le Saint-Esprit, pour visiter les églises où il apporte des exhortations et la révélation de l’Esprit Saint. Le prophète a le rôle très spécifique d’être le porte-parole de Dieu, inspiré par le Saint-Esprit. Dans le Nouveau Testament, c’est Jean-Baptiste qui décrit le mieux ce ministère. C’est le ministère d’autorité qui prêche la repentance, la purification et la séparation, dans la crainte de Dieu.
  • Le pasteur : le ministère pastoral fait partie à la fois des ministères de la parole, de gouvernement et de secours. C’est le ministère que nous connaissons le mieux dans nos assemblées. Les pasteurs dirigent, gouvernent, président, certains travaillent à la prédication et à l’enseignement. Ils sont les pasteurs-bergers-anciens de l’Ekklesia locale.
  • Le docteur : le ministère de docteur est réservé à celui qui a le don d’enseigner. Des anciens dans une église peuvent avoir le don d’enseignement, être des docteurs, dans l’assemblée de laquelle ils font partie. Certains docteurs-enseignants, ont un ministère plus large, en ce qu’ils visitent d’autres églises. L’enseignant est oint pour construire sur la fondation posée par les apôtres et les prophètes, en communiquant la doctrine biblique de Christ d’une manière claire et précise. Il aime tout particulièrement “creuser” profondément la Parole, et son onction lui permet de communiquer la vérité à l’église.
  • L’évangéliste : le ministère d’évangéliste est consumé par le désir de proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour le salut des âmes, et il est prêt à donner sa vie pour ce but. Son message est simple mais puissant et souvent accompagné de miracles et de guérisons. La présence de l’évangéliste dans les églises locales est importante parce que son onction inspire les chrétiens et les encourage à partager la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Aux côtés des cinq ministères-dons se trouvent généralement des diacres, dont le travail est très précieux. Le ministère de diacre est  exercé par des frères et des sœurs, au service du Seigneur et de l’église locale. C’est un ministère qui exige des qualités morales et spirituelles évidentes. L’apôtre Paul les associent aux évêques (pasteurs-anciens), dans l’église de Philippes (Philippiens 1v1).

Le ministère des diacres et des diaconesses peut alors englober toutes sortes d’activités,  de la gestion financière, en passant par la responsabilité des travaux d’entretien, allant jusqu’à la responsabilité des oeuvres de secours,  ou de l’organisation des actions de l’églises dans de nombreux domaines. Peut-être qu’aujourd’hui on a perdu la notion de ce ministère, mais, même s’ils ne sont pas désignés nommément, il existe  des hommes et des femmes, qui par leur activité et leur engagement exercent un véritable ministère au sein de leurs assemblées. Le Seigneur les reconnaît comme tels et les honore.

D] PRINCIPES FONDAMENTAUX DE SOUMISSION AUX AUTORITES SPIRITUELLES

La Parole de Dieu renferme plusieurs modèles d’autorité.

En premier lieu, il y a l’autorité suprême de notre Dieu, dans sa révélation trinitaire (Père, Fils et Saint-Esprit). Il existe ensuite l’autorité du monde céleste des anges, qui est un système hiérarchisé, au service de Dieu. Et enfin, la Bible nous parle aussi de la puisse du monde des ténèbres, avec le diable et les démons, qui est un système également hiérarchisé.

Sur Terre, la Parole de Dieu nous parle également de plusieurs systèmes d’autorité : L’autorité familiale, l’autorité civile de l’Etat et l’autorité de l’Eglise.

Comment s’exerce la soumission à Dieu et aux autorités spirituelles ? Voici une réflexion intéressante et toujours criante d’actualité de l’Apôtre Pierre Truschel (décédé en 2003)

La première autorité est Dieu

Dans le jardin d’Eden, Dieu parlait directement à Adam et Eve. Puis une deuxième forme d’autorité s’est installée, l’autorité familiale avec le père de famille, le patriarche. Dieu avait établi des structures d’autorité. Le père était le représentant de Dieu. La bénédiction ou la malédiction dépendaient de lui. Puis, au temps de Moïse, Dieu a établi une série de responsables, chefs de famille, chefs de tribu. Cette complémentarité des différents stades de responsabilité étaient sensée permettre au peuple de Dieu d’aller de l’avant et d’être un exemple pour les autres nations.

Dieu veut former votre caractère. Si vous avez eu un père ou une mère qui ne vous a jamais discipliné, ce sera très difficile de vous faire obéir. Notre société a ce problème. Nous sommes le produit de notre héritage familial. Lorsque nous nous convertissons, il y a une transformation qui doit se faire dans notre coeur, dans notre mentalité, dans notre façon d’être.

Le peuple d’Israël était le peuple de Dieu par nature. Il n’avait pas le choix. On ne lui demandait pas son avis. Le fait qu’il soit né en Israël faisait de lui un hébreu. Ce n’est pas le cas pour nous. Nous entrons dans le peuple de Dieu par un libre choix, un choix personnel.

Lorsque nous rentrons dans le peuple de Dieu, par la nouvelle naissance, nous devons accepter un changement dans nos vies. C’est ce que la Bible appelle mourir. Quand quelqu’un se charge de sa croix, cela veut dire mourir à son ancienne vie, à ses ambitions, à ses objectifs d’avant. A cause de ma mort aux choses anciennes, la vie de résurrection va jaillir. Dans le monde chrétien d’aujourd’hui, peu sont engagés. A un moment donné, beaucoup disent non. Nous avons jusqu’à la fin de notre vie, la possibilité de sortir du royaume.

Parce que les juifs étaient obligés d’obéir aux structures de Dieu, ils contestaient. Ceux qui étaient sous une autorité se rebellaient. Ils n’étaient pas d’accord avec les structures, les formes de foi religieuse. Les deux fils d’Aaron avec leur père devaient offrir le feu des sacrifices à l’autel. Lorsque le feu de Dieu est descendu sur l’autel, ils ont pris des brasiers que Dieu ne leur avait pas demandés, et ont amené du feu devant Dieu. Ils ont ajouté aux structures de Dieu. Ils ont fait autre chose. Ils sont devenus leurs propres maîtres spirituels et ils en sont morts immédiatement. Combien dans le peuple de Dieu sont tellement indépendants qu’ils sont devenus leurs propres maîtres spirituels. Ils n’acceptent pas de contrôle. Ils pensent être sages comme ces deux hommes. Ils avaient le feu, la tunique, c’étaient des sacrificateurs. Ils pensaient être vainqueurs. Ce qui compte est ce que tu es à la fin de ta vie. Plus tu as une responsabilité, plus tes comportements vont te sanctionner tôt ou tard, soit en bien, soit en mal. Aspirez à une autorité dans l’église, c’est accepter que Dieu nous sanctionne si nous commençons à vivre comme nous voulons.

Dieu attend de tous ceux qui veulent être forts, de Lui être soumis.

Lorsque nous voulons que Dieu nous forme pour être utile dans son oeuvre, il faut que nous fassions sa volonté. L’autorité que Dieu donne est une autorité qui engage et qui donne des responsabilités.

Marie, la soeur de Moïse et d’Aaron était une femme de Dieu, elle entraînait les femmes dans la louange. Aaron était dans la sacrificature. Mais à un moment donné, ils ont commencé à murmurer contre Moïse. Marie a été frappée par la lèpre. Elle avait touché au ministère de Moïse. Quelqu’un qui touche d’une façon insensée à un ministère paie.  » Ne touchez pas à mes oints  » dit le Seigneur. Il y a des choses saintes. Quand la rébellion touche des responsables entre eux, c’est le peuple qui  » trinque « . C’est ce qui s’est passé pour Israël. A cause de Marie, la marche du peuple d’Israël a été stoppée pendant plusieurs jours.

Les notions de solidarité, d’autorité, de soumission sont extrêmement importantes car cela peut nous faire gagner ou perdre du temps et parfois notre vie.

Aujourd’hui dans l’église, il y a une structure qui est voulue par Dieu. Il y a un modèle biblique des structures d’autorités dans l’église, dans la famille, dans la nation.

Dans la famille, on apprend à être gouverné et à ne pas faire tout ce que l’on voudrait. Dieu a soumis les enfants aux parents afin qu’ils apprennent à obéir à ce que les parents pensent être juste. Etre toujours sous la protection d’autres dans la famille ou dans l’Eglise est primordial. Chacun doit apprendre à être gouverné par quelqu’un. Des analyses sociales montrent que le français, à la différence des autres nations de la planète, est un individualiste incapable d’avoir la notion du corps et du groupe sauf s’il y trouve un avantage. Ce trait de caractère pose beaucoup de problèmes aux responsables des églises. On n’a pas compris qu’être sous une autorité est une protection et non pas une domination. Dieu a toujours prévu quelqu’un au-dessus de nous parce que nous faisons des fautes d’écoute et des erreurs. Dieu nous met dans un système de contrôle et d’équilibre. En étant soumis à quelqu’un, je peux être rassuré, puis conduit, protégé ou censuré. Toute vocation doit être un don de Dieu. L’acceptation du contrôle au travers des autorités indirectes déléguées de Dieu, dans la famille, dans la nation, dans l’église est un moyen extraordinaire que Dieu donne pour nous libérer dans l’Esprit.

Dieu parle à travers sa Parole écrite, le Logos. Il parle par sa Parole révélée, vivante, le Réma au fond de nous-mêmes. Il parle aussi au travers des autorités établies. Si quelqu’un renie un de ces trois points, il devient sa propre autorité et ne dépend plus d’une autre autorité. Il est perdu dans les choses spirituelles parce qu’il est sorti des structures que Dieu a établies et finalement tombe dans l’erreur. Le refus de l’autorité entraîne un danger car il n’y a plus de contrôle.

Nous sommes appelés à être sous une autorité et à exercer nous-mêmes une autorité sur d’autres. Dans une vie de groupe, il y a toujours des leaders.

L’église comprend les chrétiens, les diacres, les anciens, les ministères. La responsabilité de chacune des ces autorités ne se recoupent pas, ce n’est pas la confusion. Il y a diversité et complémentarité. Chaque ancien a son domaine, sinon c’est la confusion. Il y a dépendance spirituelle du ministère, l’appel pour chacun à être soumis à ses leaders et respecter cette autorité. Il y a diversité d’oeuvres, diversité de fonctions, diversité de responsables. Tout le monde n’a pas le même don, mais pour l’harmonie il faut des responsables différents, complémentaires. C’est pareil dans la famille. Il y a diversité parmi les enfants. Les parents sont là pour maintenir la cohésion et le père est là pour trancher.

Nous voulons démultiplier le nombre de responsables. Une église qui grandit est une église où se lève beaucoup de responsables, complémentaires. Si vous avez besoin d’un conseil, il faut commencer d’abord par voir votre responsable de cellule ou le responsable de l’activité dans laquelle votre problème a besoin d’être résolu. Ce n’est pas une question de hiérarchie, mais d’allègement des tâches et de complémentarité. Les responsables doivent être loyaux et respecter la notion de soumission à l’autorité dont ils dépendent.

Quand vous êtes dans la désobéissance, vous n’avez plus de poids dans le monde spirituel. N’oubliez jamais que le diable est celui qui a désobéi. Tout homme qui dans son coeur a un esprit de désobéissance, sera repris parce que l’obéissance vaut mieux que tous les sacrifices. L’insoumission est aussi coupable que la divination. Ce n’est pas normal que l’on chasse des démons de chrétiens qui sont le temple du Saint-Esprit, mais c’est une réalité. Doctrinalement, c’est faux, mais pratiquement, c’est vrai. Beaucoup de chrétiens par la désobéissance ont ouvert des portes. La Bible nous dit de ne pas donner accès au malin. C’est possible.

On cherche des enseignements, mais le problème est que l’on ne met pas en pratique quand il s’agit d’obéir, de se soumettre, de renoncer. Se soumettre à quelqu’un, c’est se soumettre à la personne à qui Dieu a donné son autorité. Si je résiste à cette personne dans son autorité, je résiste au Seigneur. L’insoumission de coeur est aussi coupable que la divination.

Il y une différence entre la soumission et l’obéissance. La soumission est un état de coeur. L’obéissance est une action. Je peux être soumis de coeur. Mais quand l’autorité déléguée me demande de faire une chose qui est contraire à la volonté de Dieu, là, il faut obéir à Dieu, sans avoir un esprit d’amertume, de critique au fond de moi. Même quand une autorité est fausse et me demande de faire des choses auxquelles il faut que je dise non, je ne dois jamais perdre au fond de mon coeur l’esprit de soumission à toute autorité. Je peux être amené à désobéir mais jamais à être un insoumis viscéral envers une autorité quelconque.

Nous sommes confrontés à des tests. Parfois on obéit parce qu’on ne peut pas faire autrement, parce qu’on ne veut pas se singulariser, parce qu’on risque d’être mal vu, mais au fond de soi l’état d’esprit n’est pas bon parce qu’il y a insoumission. L’insoumission est coupable parce que Dieu regarde au coeur. David a fait des choses terribles et Dieu l’appelle un homme selon son coeur. Saül, lui a été rejeté. David, malgré ses défaillances était soumis de coeur même si parfois il a désobéi dans la tentation, alors que Saül était insoumis de coeur.

L’état intérieur de soumission est extrêmement important. Si tu as un esprit d’insoumission, tes enfants l’auront aussi. Devenus grands, ils seront un problème dans l’église.

Nous sommes dans une bataille spirituelle. Dieu utilise cela pour que nous allions de l’avant.

Une secte met sur le même plan l’obéissance et la soumission. En tant que chrétiens, nous avons un coeur soumis, mais nous avons le droit de désobéir si on nous demande de commettre un péché. Il faut avoir le courage de dire non, dans un esprit de soumission, de respect et de prière.

Quand je deviens adulte ma soumission n’est plus une soumission aveugle, mais une collaboration. La pensée de Christ nous est commune. Ce n’est plus de l’obéissance, c’est la même pensée, c’est une relation d’amitié. Nous devenons frères, la communion fraternelle est réelle.

Nous avons une croissance dans la vie chrétienne. Lorsque je suis nouveau converti, j’apprends à servir. Les autres chrétiens deviennent des amis. Tout un travail de relation s’établit. Cette amitié n’est pas simplement humaine mais elle devient une réalité spirituelle et nous devenons frères. Serviteurs, puis amis, puis frères. Frères veut dire héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ, complémentaires dans le corps de Christ.

Avons-nous besoin de grandir dans cette notion de serviteur ? Est-ce que les frères et soeurs de l’église sont devenus mes amis ?

La Bible nous demande de nous soumettre les uns aux autres. Le véritable chrétien reconnaît une autorité déléguée et se soumet. Celui qui s’abaisse sera élevé. Si le grain de blé ne meurt, il ne peut porter du fruit. Soyons soumis à nos conducteurs.

Romains 13 v 1-2 : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes ».

Critiquer une autorité est dangereux. J’ai vu des vocations être brisées par cet esprit d’insoumission. Il faut des responsables :

Tite 3 v 1 : « Rappelle-leur d’être soumis aux magistrats et aux autorités, d’obéir, d’être prêts à toute bonne oeuvre »

Ceux qui n’arrivent pas à se soumettre ont une volonté qui n’a pas été brisée par le Seigneur. Seule la soumission donnée peut permettre à l’autorité de Dieu de se développer dans notre vie.

Dieu résiste aux orgueilleux

1 Corinthiens 16 v 16 : « Ayez vous aussi de la déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui travaillent à la même oeuvre ».

Nous nous devons de la déférence. Les parents, les responsables ont droit à de la déférence. Nous devons retrouver cette délicatesse que l’éducation et le monde ont mise de côté.

Respectons l’autorité, c’est une bénédiction. Tu amènes ainsi la bénédiction de Dieu sur ta vie. C’est vital.

Vouloir exercer une autorité dans l’église sans avoir appris l’obéissance fait de moi un despote, un autoritaire. La véritable autorité, c’est servir les frères et soeurs que Dieu m’a donnés en partage. Ce n’est pas un galon. Apprenons à renoncer à nous et à mettre en avant Jésus. Cela coûte.

La véritable autorité vient du vécu, c’est pour cela qu’il y a une sagesse des aînés. Il ne faut pas la mépriser. Honorons les aînés.

Quand j’ai besoin d’une pensée de la part de Dieu, nous avons besoin de frères autour de nous qui nous conseillent. Les gens reconnus dans l’église sont là pour cela. N’allez pas consulter de jeunes chrétiens qui donnent des conseils.

La soumission est une protection spirituelle. Les parents sont la couverture spirituelle sur les enfants. Le mari est la couverture spirituelle sur sa femme. Si le couple ne fonctionne pas bien, les enfants trinquent. Les enfants qui acceptent de demeurer sous l’autorité de leurs parents sont protégés parce qu’ils rentrent dans les structures de Dieu. Un enfant qui rejette cette soumission n’est plus protégé. C’est la même chose dans l’église. Les responsables, bergers protègent les chrétiens. Ils sont une protection pour l’église. Nous avons en nous des forteresses d’insoumission. C’est à nous de briser ces choses par l’obéissance pratique.

Se soumettre est la première clé, revêtir les armes ne vient qu’après. On ne joue pas avec Dieu. Satan attend une ouverture, l’esprit d’insoumission. Ce qui compte ce n’est pas l’onction, mais ton respect des autorités.

Voulons-nous dire oui à cela. Respectons les plus petits à nos yeux en tant que fonction parce qu’ils sont aussi irremplaçables qu’un autre. Chacun de nos organes est irremplaçable. Mettons ces choses en pratique dès maintenant dans nos vies!

 

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Un commentaire

  1. Colombe-Les ailes de la colombe sont couvertes d'argent, Et son plumage est d'un jaune d'or.- dit :

    Très bon cours sur le fonctionnement de l’église.
    Reste pour moi une souffrance au niveau de la soumission, car j’ai vu trop d’abus. Comment échapper aux abus et aux manipulations dans l’église ?
    ça reste pour moi, au bout de 45 ans de vie chretienne, un véritable problème que les églises ne savent pas gérer… C’est certainement dans ce domaine précis qu’il faut former les serviteurs de Dieu, pour que le corps puisse exister selon le plan de Dieu que vous avez très très bien défini Paul.
    Mais reste une écharde dans le fonctionnement pastoral français , certainement en relation avec les puissances qui sont sur la France.

    Toute fois j’ai approché l’église de Mulhouse …et là j’ai ressenti l’ordre divin qui sécurise, apaise, réconforte et cré un climat de confiance ….. Certainement dans cette église il y a un très fort désir d’être approuvé par Dieu, plutôt que par les hommes(femmes) . Une bonne identification spirituelle qui décharge les cœurs du besoin de reconnaissance. C’est très apaisant car sans pression du besoin de répondre à une attente de mise en valeur personnelle, tous ont leur place et c’est normal.
    Il me semble que c’est une clef pour aborder la mise en place d’une relation de soumission les uns aux autres comme défini dans Éphésiens 5
    ( 19 entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur; 20 rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, 21 vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. )

    Si nous mettons en pratique ce type de soumission alors forcement l’ordre divin s’établit avec sérénité !

    La saine autorité est acceptée quand elle n’est pas un besoin de reconnaissance, mais juste le désir d’ accomplir son service pour plaire au Seigneur.
    Enfin…. il me semble!

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