Enseignements / Lancement d’une saison spéciale sur le thème de « L’EGLISE » !

A compter de ce dimanche 18 mars 2018, le Centre Chrétien Carmel de Toulouse va consacrer au moins deux mois – mais peut-être davantage selon la direction de l’Esprit – sur le thème de l’EGLISE, afin de l’aborder en profondeur sous différents angles. Ce dimanche, le pasteur Paul OHLOTT apportera un enseignement sur les principaux fondements de l’Eglise primitive.

En introduction à cette nouvelle saison d’enseignements sur le thème de l’Eglise, voici un rappel doctrinal du Dr Jules-Marcel Nicole, extrait de son livre « Précis de Doctrine Chrétienne » (1983) :

L’Eglise est comparée à un Corps dont le Christ est la tête (1), un troupeau dont il est le Berger (2), à un édifice composé de pierres vivantes et dont Jésus est la Pierre Angulaire (3) et à un temple habité par le Saint-Esprit (4). L’image la plus touchante est celle de l’Epouse, objet de la tendresse de son divin époux, qui s’est offert pour elle et auquel elle doit rester soumise. A l’heure actuelle, elle est fiancée et le jour de ses noces doit se réaliser au retour de Jésus-Christ (5). Cette Eglise peut être caractérisée comme étant Une, Sainte, Universelle et Apostolique.
La charte de son unité nous est donnée au chapitre 17 de l’Evangile de Jean. En nous penchant sur ce texte, nous éviterons bien des malentendus. Jésus a prié pour l’union de tous ceux qui croiraient en Lui, par la parole des Apôtres. Il ne s’agit donc pas d’une vaste organisation qui englobe tous ceux qui portent l’étiquette de chrétiens ou qui ont été baptisés sous une forme ou sous une autre. On parle quelquefois du scandale de nos divisions. Certaines fausses associations sont plus scandaleuses encore ! L’unité des fidèles est conçue sur le modèle de l’union du Père et du Fils : « Qu’ils soient un comme nous sommes un ». Ce n’est pas un fragile équilibre , réalisé à coup de concessions mutuelles, mais l’expression d’une vie commune, mieux, de la vie même du Seigneur en nous, par le Saint-Esprit. Jésus dit : « Moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un ». Il n’y a donc pas lieu d’imaginer des relations bilatérales directes entre divers membres du Corps de Christ, mais c’est par un lien intime avec Lui, la tête, que tous sont bien coordonnés et cohérents.
Nos rapports mutuels, en passant par le Seigneur, se développent dans l’harmonie. Il va sans dire que le rôle d’un pape est non seulement superflu, mais nuisible à cet égard. Dans la prière sacerdotale, Jésus ne souffle mot d’une responsabilité de l’Apôtre Pierre pour réaliser l’unité des croyants et d’autres textes n’en parlent pas davantage. Pierre lui-même ne veut en aucune manière donner de l’importance à sa personne, mais il souligne que c’est en s’approchant du Christ qu’on s’édifie pour constituer la maison de Dieu (6). Depuis la lointaine époque de Cyprien (3ème Siècle), en passant par le schisme d’Orient (1054), par la Réforme et jusqu’aux efforts oecuméniques actuels, les prétentions papales ont invariablement constitué un obstacle à l’unité des chrétiens, plutôt qu’elles ne l’ont favorisée.
C’est à son Père que le Christ demande la réalisation de cette unité. Il ne l’attend pas des efforts de ses disciples. Ceux-ci ont néanmoins des devoirs à remplir dans ce domaine. Ils doivent s’efforcer de conserver « l’unité de l’Esprit, par le lien de la Paix » et prendre « garde à ceux qui causent des divisions » (7). Mais ce n’est pas à nous qu’il appartient d’exaucer la prière de Jésus. Elle l’est de toute façon. Déjà maintenant, les rachetés sont unis entre eux, même si leurs rapports sont encore entachés par l’imperfection inhérente à tout ce qui est terrestre, pour s’épanouir pleinement dans l’éternité bienheureuse.
La sainteté de l’Eglise universelle est , elle aussi, à la fois donnée et promise. Tous ceux qui en font partie sont dès maintenant des Saints, au sens biblique du terme, c’est à dire qu’ils sont mis à part pour le service de Dieu, bien que leur conduite laisse encore à désirer et qu’il ne soit pas toujours facile de les distinguer des esprits superficiels qui ont une foi illusoire. Mais le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent. De plus, quand Christ reviendra, il fera paraître devant lui son Eglise glorieuse, sans tâche, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et sans défaut (8)
L’Eglise est universelle, dans ce sens que ses membres appartiennent à toutes nations, toutes tribus, tous peuples et toutes langues (9). De plus, elle comprend des croyants de toutes les générations, depuis le siècle de la Pentecôte jusqu’au moment de l’avènement du Christ.
Enfin, l’Eglise est apostolique, parce qu’elle se conforme à l’enseignement des Apôtres qui lui sert de fondement (10). Il est intéressant de noter les fluctuations qu’a connues, à travers les âges, la thérie de la succession apostolique. Aux yeux des auteurs du 2ème et 3ème siècle, elle était garantie par une suite ininterrompue d’évêques fidèles dans une même Eglise locale. Selon la doctrine catholique et la doctrine anglicane contemporaines, elle résulterait du fait que les Apôtres auraient imposé les mains aux premiers évêques, ceux-ci aux dignitaires de la seconde génération, et ainsi de suite, sans interruption, jusqu’aux évêques dûment entrés en fonction aujourd’hui. La Bible ne favorise ni l’une ni l’autre de ces conceptions. En revanche, la fidélité à l’enseignement des Apôtres, tel qu’il est consigné dans l’Ecriture est essentielle pour la vie de l’Eglise. « Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables d’enseigner aussi à d’autres » (11). A travers les siècles, il y a toujours eu, dans le sein des Eglises officielles et en marges des Eglises officielles, une lignée de témoins pour proclamer le pur Evangile de Jésus-Christ. Ils se sont ressourcés par un contact direct avec la Bible, toujours prêts à réviser leur opinion à la lumière du texte inspiré. Ils ont constitué l’Eglise qui ne se contente pas d’être réformée, mais qui aspire à se réformer sans cesse à nouveau. Il ne s’agit pas d’une tradition figée, mais d’un courant de vie qui aspire à une conformité toujours plus rigoureuse avec la pensée des Apôtres.
Notes
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(1) Ephésiens 1 v 22-23 ; Colossiens 1 v 18
(2) Jean 10 v 11-18
(3) Ephésiens 2 v 20-22 ; 1 Pierre 2 v 4-6
(4) I Corinthiens 3 v 16-17
(5) Jean 3 v 29 ; II Corinthiens 11 v 2-3 ; Ephésiens 5 v 22-32 ; Apocalypse 19 v 7-8
(6) I Pierre 2 v 4
(7) Ephésiens 4 v 3 ; Romains 16 v 17
(8) Ephésiens 5 v 27
(9) Apocalypse 7 v 9
(10) Ephésiens 2 v 20
(11) 2 Timothée 2 v 2

Décédé le 4 décembre 1997, JM Nicole est une figure majeure du protestantisme évangélique. Depuis 1931, il fut professeur à l’Institut Biblique de Nogent, où il exerça également le ministère pastoral. Il a également enseigné à la Faculté de théologie d’Aix-en-Provence et à la Faculté évangélique de Vaux-sur-Seine.

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