PAUL OHLOTT / Du monde ou des disciples ?

En Automne 2016, le magazine « Ressources pastorales : le journal pratique des pasteurs et leaders » titrait ainsi sa couverture : « Le discipolat : le mandat oublié« .

Alors que le discipolat était au coeur de l’Eglise primitive et que les premiers Apôtres ne pouvaient concevoir l’Eglise autrement… quel terrible constat de s’apercevoir à quel point, ce mandat fondateur de Christ est devenu aujourd’hui, une simple option généralement négligée au sein de l’Eglise finitive ! Enseignement proposé par le pasteur Paul OHLOTT, en charge du Centre Chrétien Carmel de Toulouse.

Nous parlons volontiers d’évangélisation, de « prêcher le Salut », d’inviter nos amis au culte comme jadis nous les invitions à la messe dominicale, nous aimons aussi recevoir toutes sortes de gens à notre table pour un bon repas… mais une fois que ces âmes débarquent en terre évangélique, nous cherchons bien trop souvent à les « garder » envers et contre tout, au détriment de ce mandat fondateur de Christ, perçu comme bien trop contraignant et invasif.

Pourtant l’Evangile – qui n’est pas une histoire à l’eau de rose -, se doit d’être invasif et même incisif pour pouvoir agir en profondeur dans nos vies. Qui est prêt encore aujourd’hui à laisser l’enseignement de la Parole de Dieu agir comme une « épée à double tranchants » ? Qui est prêt à laisser cette épée pénétrer dans notre intimité « jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles » et « jusqu’à la laisser juger les sentiments et les pensées du coeur » (Hébreux 4 v 12) ? Quelques-uns de toute évidence… mais de prime abord, bâtir une église de disciples est un travail bien plus éreintant que de remplir une église de membres et de consommateurs du dimanche. Mais lorsque l’Eglise se laisse enflammer toute entière par le discipolat, il devient bien plus agréable de travailler pour l’avancement du Royaume de Dieu avec d’authentiques disciples qui feront eux-mêmes des disciples, que de tenter de motiver, dimanche après dimanche, des consommateurs éternellement insatiables prêts à vous quitter à la moindre contrariété.

D’ailleurs, dans cette quête effrénée aux « clients du dimanche », il suffit désormais d’activer le levier de l’unité oecuménique pour attirer encore beaucoup plus de monde beaucoup plus facilement. De toute évidence, il est plus facile de prêcher un évangile humaniste et superficiel et de faire une « ronde oecuménique » que d’amener chacun à un dépouillement des oeuvres mortes et à une véritable métanoïa par le biais d’un long chemin de discipolat.

La foule sentimentale veut de l’événementiel évangélique… pourquoi dons nous fatiguerions-nous à l’amener dans cet étroit chemin rocailleux du discipolat ? Pourquoi lui enseigner que Christ a dû apprendre l’obéissance par « les choses qu’il a souffertes » ?

Le discipolat, c’est beaucoup trop « sectaire » aux yeux de notre monde actuel ! Faire des disciples, c’est prendre le risque de passer pour un « gourou » ! Et le respect de la « vie privée » alors ? Dès lors que cette pensée germe en nos coeurs, nous voilà déjà contaminés par le pire ennemi de la foi : le conformisme à ce monde et à celui qui l’inspire : « Le prince de ce monde ». Pourtant, l’avertissement de l’Apôtre Paul est sans équivoque : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12 v 2). Et pourtant, nous nous illusionnons toujours à croire que l’on peut bâtir nos temples sur un autre fondement que celui du mandat christique.

Osons faire face à la réalité : en dehors du discipolat, nous ne pourrons bâtir uniquement que des temples de consommation d’événements évangéliques.

Combien de disciples parmi les participants à la grande parade évangélique annuelle (Marche Pour Jésus) ? Après que l’on ait scandé le nom de Jésus et fait virevolter les étandards de notre « fierté évangélique »… que reste-t-il du mandat de Christ ?

Il y a 2000 ans, il y avait déjà des foules sentimentales à Jérusalem, comme nous le voyons dans Jean 2 v 23-25. Il y avait une grosse fiesta évangélique avec d’impressionnants miracles (aujourd’hui on a même retirés les miracles, ca on ne sait plus trop comment les faire !)… mais la réaction de Christ amène un contraste d’une violence inouïe avec ce qui pouvait frapper les regards en apparence. Lisez vous-même : « Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme ».

Faire la fête, chercher les miracles, créer de l’événementiel évangélique… cela a toujours plu aux foules ! De même les contraintes du discipolat ont toujours refroidit les ardeurs de nos âmes insoumises et rebelles. D’ailleurs, j’aime ce Jésus qui ne retient pas ses propres disciples et qui les obligent à un positionnement radical et déplaisant.

Oui, le discipolat est scandaleux pour notre nature charnelle :

« Plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l’écouter? Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il? (…) C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait. Et il ajouta: C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. Jésus leur répondit: N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l’un de vous est un démon! » (Jean 6 v 60-70)

Alors que chercherons nous désormais : du monde ? Du remplissage d’église à coups de sermons promotionnels ? De l’événementiel évangélique dénué de miracles ? Ou désirons-nous revenir au mandat fondateur de Christ de faire d’authentiques disciples, quel qu’en soit le prix à payer ?

Quitte à être scandaleux… soyons-le pour le Royaume des Cieux ! Et qui sait, si nous travaillons par l’Esprit de Dieu, il n’est pas interdit de croire à la manifestation d’un réveil spirituel, à de nouvelles « pêches miraculeuses » et à la multiplication des disciples ! Que la multitude soit le fruit de notre obéissance radicale au mandat de Christ et non de notre conformisme au siècle présent.

REVENIR AU VERITABLE DISCIPOLAT BIBLIQUE !

« Le discipolat biblique est devenu un slogan du mouvement évangélique moderne. Malheureusement, la plupart du temps, cela reste purement théorique. Malgré nos diverses définitions et nos méthodes de discipolat découvertes depuis peu, les études statistiques font état d’un déclin alarmant de l’efficacité de l’Église moderne pour atteindre et transformer l’humanité perdue », écrit Shane Warren, pasteur en Louisiane, dans le magazine « Ressources pastorales ». Il poursuit ainsi sa réflexion :

L’incompréhension de ce qu’est le véritable discipolat biblique est catastrophique pour le corps de Christ. Nous nous sommes tellement consacrés à gagner des âmes que nous avons négligé d’en faire ensuite des disciples. Des multitudes de gens affluent lors des appels de notre assemblée en espérant bénéficier d’une « prière magique » qui métamorphosera totalement leur existence. Nous nous réjouissons de leur réaction et, quelque part, ils sont convaincus qu’il s’est vraiment produit quelque chose en eux. Les appels de Jésus étaient très différents. Sa conception de ce qu’impliquait le fait d’être sauvé était très différente de la faible définition de l’Église. Jésus discernait la véritable repentance d’après le test du discipolat. Le jeune homme riche a couru vers Jésus et l’a arrêté en pleine rue. Il lui a demandé : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Le Seigneur lui a répondu en lui adressant l’un de ses messages favoris écrit par Moïse. Le jeune homme s’est écrié : « J’ai observé ces choses dès ma jeunesse. » Jésus est alors passé au stade du discipolat : « Vends tout ce que tu as, donne le aux pauvres » (Marc 10.17-22).

Les Écritures nous apprennent que ce jeune homme est reparti tout triste. Le jeune homme riche voulait se convertir, mais non payer le prix du discipolat. Il souhaitait avoir une religion qui convienne à son style de vie sans être soumis à la seigneurie de Christ. Son désir d’une religion à son goût l’a laissé dans l’état où il amène tous les hypocrites : triste et découragé. Le christianisme sans discipolat est un christianisme sans Christ. Ce genre de discipolat ne devient plus qu’une idée abstraite, un mythe qui laisse place à la paternité de Dieu, mais qui omet de faire de Christ son Maître et Seigneur vivant. Sans réel discipolat, on fait certes confiance à Dieu, mais on ne suit pas véritablement le Christ. La grâce galvaudée est l’ennemie mortelle de l’Église. Jésus comprenait le pouvoir et le coût du discipolat. La véritable discipline chrétienne a débuté le lendemain du jour où Jean-Baptiste a baptisé Jésus dans le Jourdain (Jean 1.35-39).

Un par un, Jésus a sélectionné douze hommes auxquels il allait dévoiler chaque jour le caractère du Père. Selon toutes les définitions religieuses du succès, Jésus a lamentablement échoué. Il n’était pas associé à l’organisation spirituelle de son époque. Il n’a jamais fondé d’école biblique ni de dénomination. Des multitudes ont assisté à ses réunions pour le rejeter ensuite au lieu de payer le prix de l’engagement de la foi. Seuls douze hommes – les plus ordinaires et humbles de la société du premier siècle – ont été choisis pour édifier l’Église. C’est dans le modèle qu’ils nous ont laissé, le modèle biblique, que nous trouvons la vraie méthode pour faire des disciples.

C’est là la seule manière de faire de vrais disciples – celle de Jésus. Jésus ne s’est pas servi d’un programme conventionnel pour provoquer des changements de vie extraordinaires chez ses disciples ordinaires. Il leur a simplement montré l’exemple – grâce à la direction du Saint-Esprit – en leur dévoilant chaque jour un peu plus le cœur du Père. Au cours des circonstances de leur vie quotidienne, il se servait du moindre détail pour enseigner et former douze hommes, afin qu’ils deviennent les disciples que Dieu les avait appelés à être. Il leur a tellement montré le Père qu’il a pu dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14.9).

C’est l’épreuve décisive du discipolat. Pouvez-vous, en tant que leader spirituel, dire la même chose de votre marche spirituelle  ? Pouvez-vous affirmer  : «  Quand on me voit, on voit le Père  »  ? Reflétez-vous chaque jour le cœur du Père ? Indépendamment de vos divers programmes et méthodologies, les gens vous voient-ils agir chaque jour selon Dieu ?

Dans la Bible, le mot disciple provient du terme grec matheo. C’est de cette racine que nous tirons le terme français math ou mathématiques. L’Éternel comprenait que les meilleures mathématiques, pour l’Église, étaient le discipolat. Cette conception du discipolat était-elle efficace  ? Oui  ! Au cours de la première semaine de l’Église du Nouveau Testament, environ 8000 personnes se sont ajoutées à l’Église.

Dans les Écritures, nous voyons la croissance de l’Église énoncée par des termes comme ajoutait (Actes 2.47 ; 11.24) et multipliait (9.31 ; 12.24). Pourquoi nos mathématiques modernes ne correspondent-elles pas à cela  ? Se pourrait-il que malgré nos nouvelles méthodes modernes de croissance de l’Église, nous ne comprenions toujours pas le discipolat biblique ? Que faut-il pour changer efficacement la vie de l’humanité souffrante ? La Parole de Dieu enseigne clairement les caractéristiques du discipolat efficace.

LE DISCIPOLAT A BESOIN DU SAINT-ESPRIT

Sans la personne du Saint-Esprit, toute méthodologie du discipolat est vaine. Jésus a prescrit à ses disciples : « Restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut » (Luc 24.49). Quand il a donné cet ordre important, 500 hommes étaient présents, mais hélas, seuls 120 lui ont obéi et sont allés dans la chambre haute. Ceux qui ont suivi l’instruction du Seigneur ont reçu une puissance surnaturelle pour être ses témoins (Actes 1.8). Ce petit groupe de croyants a bouleversé des villes entières, enduré les feux de la persécution et réduit au silence les cyniques de son temps. Nous ne lisons plus rien de ceux qui ont choisi de ne pas aller dans ce lieu de revêtement de puissance.

Actuellement, beaucoup d’Églises de Pentecôte minimisent l’importance de la distinction pentecôtiste du discipolat. De peur de perdre des membres ou de déconcerter les nouveaux, on bannit les manifestations du Saint-Esprit des réunions publiques d’adoration. On n’ose plus prier pour que les gens reçoivent le baptême du Saint-Esprit. On contriste l’Esprit, et on remplace inconsciemment le pouvoir du discipolat par des programmes humains. Mais jamais on n’accordera trop d’importance à l’œuvre du Saint-Esprit dans la vie du croyant. Le revêtement de puissance qui vient par le Saint-Esprit et son baptême est capital pour former des disciples puissants.

Si l’on enlève le Saint-Esprit de ce processus de discipolat, on en perd la puissance. Pierre a accompagné Jésus partout pendant trois ans. Il a vécu, mangé, dormi et exercé son ministère avec le Maître. Mais l’Esprit a fait en un instant ce que Jésus n’avait pas accompli pour Pierre en trois ans. Le lâche qui reniait le Fils de Dieu devant une petite fille s’est levé le jour de la Pentecôte pour proclamer hardiment sa foi. Rien ne fortifie autant des disciples que le baptême du Saint-Esprit.

LE DISCIPOLAT A BESOIN D’UN PLAN

« En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde » (Éphésiens 4.1). Dieu a un plan pour faire des disciples. Pour que le discipolat soit efficace dans une Église, on doit suivre un plan, un processus. Les méthodes ne sont pas mauvaises en soi tant qu’elles sont soumises au Maître. Pasteur, quel est votre plan pour faire des disciples ? Jésus a demandé à Pierre s’il l’aimait. Ce dernier a répondu par l’affirmative. En fait, Jésus l’a enjoint de le prouver en prenant soin de ses agneaux (Jean 21.15-17). Le cœur du Père est révélé aux disciples par le processus du discipolat.

Négliger les nouveau-nés dans le royaume est fratricide sur le plan spirituel. Ils doivent être nourris et on doit tout faire pour favoriser leur maturité spirituelle. La personnalité et la taille des Églises sont variables, mais en toute situation, l’Église doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour consolider la décision d’un nouveau converti de suivre Christ. Selon Ésaïe 26.18, « nous avons conçu, nous avons éprouvé des douleurs, et quand nous enfantons, ce n’est que du vent »

L’Église a une mission à accomplir, mais savons nous suivre l’impulsion de l’Esprit  ? Nous préparons soigneusement nos réunions et faisons des projets, mais à la fin de nos journées, nos mains sont vides. Si nous n’aidons pas les bébés du royaume à grandir, nous nous apercevrons que notre travail a été vain et inutile. Ce que Dieu désire, c’est que chacun d’entre nous porte beaucoup de fruit (Jean 15.8). Où est le fruit de notre travail dans le Seigneur ? Beaucoup d’entre nous ne portent pas de fruit parce qu’ils ne préparent pas correctement leur processus de discipolat.

LE DISCIPOLAT A BESOIN DE PERSONNES

Même si notre méthodologie est excellente, elle doit être transmise par des personnes. Pour que le discipolat soit efficace, les membres de votre assemblée doivent en avoir une vision précise. Les pasteurs n’ont pas autant de bras que des pieuvres. Ils ne peuvent pas tout faire  ; les membres de leur Église doivent donc avoir à cœur le processus de croissance spirituelle. Tant que le corps de Christ ne comprendra pas son interconnexion, aucune vraie formation ou réforme spirituelle ne pourra avoir lieu.

Le fait de se rendre des comptes mutuellement au sein du corps de Christ est un puissant instrument contre l’esprit de cette génération. En fait, l’unité est une puissance explosive. Quand l’Église locale a à cœur l’évangélisation et le discipolat, on assiste à une croissance dynamique. Nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs, et ne pas assumer cette responsabilité mutuelle dans l’Église est un péché mortel contre notre propre corps.

Le discipolat suppose que nous veillions à nous discipliner mutuellement. C’est un sujet qu’on n’aborde guère dans les Églises  ; néanmoins, chaque assemblée doit établir des limites clairement définies dans la structure de son organisation et au sein de la communauté des croyants.

Les gens ont soif de relations qui impliquent de veiller les uns sur les autres. Ils désirent appartenir à une communauté. Quand on fonde une communauté dans laquelle tous croient aux exigences du discipolat et agissent en conséquence, on exerce un impact positif sur les nouveaux convertis qui se joignent à l’Église. Les membres de votre assemblée sont le filet qui vous aide à retenir les nouveaux poissons que vous venez d’attraper. De temps en temps, il se peut que des trous se forment dans le filet. Tout bon pêcheur répare régulièrement ses filets. Le Psaume 133 nous montre que l’unité fraternelle est source d’onction, et c’est lorsque tout le corps de Christ est à l’œuvre que le Seigneur envoie sa bénédiction

LE DISCIPOLAT COÛTE CHER

Ne vous y trompez pas, le discipolat efficace coûte cher, parce qu’il ne peut en aucun cas être sans croix. L’une des plus grandes tragédies de notre temps est le fait d’agrémenter l’Évangile pour le rendre plus savoureux. En agissant ainsi, nous ne prêchons plus du tout l’Évangile, mais plutôt «  un autre Évangile  » (2 Corinthiens 11.4). Si nous n’y prenons pas garde, nos tentatives d’adapter l’Évangile à notre culture lui ôtera toute sa puissance de changer cette dernière. À l’inverse, l’enseignement de Jésus peut s’appliquer sans aucun problème à toutes les générations. Il est « le même hier, aujourd’hui et éternellement » (Hébreux 13.8).

Ne craignez pas d’exposer le prix du discipolat et d’être exigeant. Les gens aiment être mis au défi ! Certains peuvent nous taxer de religieux, mais vous réaliserez que dès qu’un chrétien porte sa croix de disciple, sa vie est plus riche et féconde.

Certes, être un disciple peut s’avérer douloureux, mais endurer la croix n’a rien d’une tragédie. Les souffrances de la croix sont le fruit d’une soumission exclusive à Jésus-Christ. Si notre christianisme a cessé de prendre au sérieux le discipolat, si nous avons limité  l’Évangile à des sensations agréables, sans exigences coûteuses, nous avons changé la croix de Christ en un désastre naturel quotidien. Quand on supprime le coût de la marche chrétienne, on ôte à Jésus sa seigneurie. Jésus a insisté sur le fait qu’il était souverain absolu. « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres » (Luc 16.13).

Si les nouveaux disciples ont un prix à payer, les leaders spirituels aussi. S’occuper des bébés en Christ n’est pas facile. À l’instar des enfants naturels, ils commettent de nombreuses erreurs et posent une foule de questions. Parfois, nous oublions que nous avons nous-mêmes été dans cet état spirituel et qu’alors, on nous a aidés à grandir spirituellement.

Ma femme Pam et moi aimons beaucoup nous consacrer aux jeunes croyants qui veulent croître dans la foi. Chaque semaine, notre maison est remplie de personnes qui désirent en savoir plus et en faire davantage pour Dieu. En fait, nous rencontrons régulièrement deux groupes  : les nouveaux et ce que j’appelle ma «  réunion des Aigles  ». Chaque semaine, nous invitons les nouveaux convertis et les sympathisants à dîner en notre compagnie. Nous rencontrons aussi les Aigles, autrement dit les gens qui se sentent appelés à servir le Seigneur. Pam et moi, nous leur exposons la Parole de Dieu et nous leur racontons nos expériences personnelles. Cette pratique est devenue la source de notre plus grande joie. En tant que pasteur, rien ne change plus mon être intérieur que le fait de voir de jeunes croyants acquérir davantage de capacités de servir le Seigneur. On nous demande souvent : « Pourquoi vous donnez-vous autant de mal ? Vous dirigez une grande Église. Vous n’avez pas besoin de faire ça ! »

Je réponds toujours : « On ne peut pas changer des vies depuis son bureau ! » Vous devez désirer, comme le faisait Christ, vivre avec les autres. Jésus a dit : « Vous, vous êtes de ceux qui ont persévéré avec moi dans mes épreuves » (Luc 22.28). Les disciples ont vu Jésus aux moments de son existence où il était le plus vulnérable. Dans son humanité, Jésus a été tenté en tous points comme nous le sommes nousmêmes (Hébreux 4.15). Les changements spectaculaires de la vie des disciples ont été le fruit de leur observation de la manière dont Jésus triomphait toujours des aléas de l’existence.

Malheureusement, certains pasteurs n’ont aucun contact personnel avec les membres de leur assemblée. Ils se cantonnent en lieu sûr dans leur bureau pour n’apparaître chaque semaine qu’à l’occasion d’un bref sermon. En conséquence, les membres de leur assemblée ne voient jamais concrètement la direction du Saint-Esprit dans la vie quotidienne de leur berger, et ils n’ont pas l’occasion d’observer comment il surmonte les épreuves de l’existence. Ce comportement produit des pasteurs qui ne font que prêcher au lieu de conduire les membres de leur Église dans ce que Dieu a de meilleur pour leur vie.

Pourquoi nous sommes-nous engagés dans le ministère  ? Pour aider les gens qui souffrent et pour propager l’Évangile dans le monde. Souvenez-vous que Dieu oint ceux qui sont dans les champs avec leurs brebis. Quand le Seigneur a eu besoin d’un roi, il n’est pas allé le chercher dans un bureau climatisé. Il est allé dans un champ. Il a posé les yeux sur un berger. Quand il a voulu annoncer la venue de son Fils, il a choisi des bergers qui veillaient sur leurs troupeaux pendant la nuit. Pendant des centaines d’années, la shekinah de la présence de Dieu avait disparu ; mais quand il a voulu révéler sa gloire, il a choisi des bergers (Luc 2.8, 9).

Jésus est appelé «  le bon Berger  » (Jean 10.11) qui donne sa vie pour ses brebis. Si vous voulez être oint pour le ministère, voir la gloire de Dieu révélée, être un pasteur semblable à Jésus, faites le travail d’un berger. Vivez avec vos brebis. Le discipolat a un prix, mais sa valeur est inestimable.

LE DISCIPOLAT SUPPOSE QU’IL Y AIT UN PASTEUR

John Maxwell dit souvent  : «  Ce sont les leaders qui déterminent la réussite ou l’échec des entreprises.  » La Personne, le plan, les gens et le prix du discipolat dépendent tous de la direction pastorale de l’Église. «  Quand il n’y a pas de révélation, le peuple est sans frein  » (Proverbes 29.18). Sans visionnaire, aucune vision n’est possible. Tout ce que Dieu a fait de grand sur la terre s’est accompli au travers de personnes qui lui étaient soumises.

Si les pasteurs ne dirigent pas les membres de leur assemblée avec une vision et un discernement prophétique de la volonté divine, ils ne parviendront pas à accomplir la destinée de Dieu pour elle. Les gens attendent que leurs pasteurs soient des Josué qui leur fassent franchir le Jourdain. Or, aucun pasteur ne peut conduire les autres là où il n’est pas allé lui-même. Les pasteurs doivent prendre l’initiative. Pour qu’ils soient efficaces, il est impératif qu’ils assument leur rôle de leader spirituel dans le processus du discipolat.

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5 commentaires

  1. Colombe-Les ailes de la colombe sont couvertes d'argent, Et son plumage est d'un jaune d'or.- dit :

    Excellent excellent …..je me suis régalée et je suis complètement d’accord avec cette vision du disciple…ça fait du bien de voir que certains ont compris et se lèvent pour enseigner ces précieuses vérités. Amen Amen

  2. Ouï c est tout à fait celà que le Seigneur veut pour bâtir son Église .Mais heureusement que le Seigneur nous donne son onction pour nous enseigner car il voit celles et ceux qui ont soif de Vivre ce que Lui a prévu pour elles et eux et non une dénomination ou un « pasteur prêtre »! Dépendre de Lui ,tout est là !

  3. Comment former , faire des disciples…?

    Jesus nous le dit très clairement..:

    Mathew 28 : 19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 ET ENSEIGNEZ-LEUR À OBSERVER TOUT CE QUE JE VOUS AI PRESCRIT.. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

    Faire des disciples c’est premièrement et avant tout, ENSEIGNEZ À OBSERVER TOUT CE QUE JESUS NOUS A PRESCRIT.. comme Jesus nous le dit dans Ses dernières Paroles avec promesse, si nous faisons ce qu’Il nous a dit ..

    Aimer Dieu c’est garder ses Commandements…
    Mais comment les garder si on ne les connait pas…
    Et si on ne les connait pas , on ne peut les appliquer..
    Et si on ne garde pas les Commandements de Dieu, notre amour envers Lui est faux, c’est ce qu’Il nous a dit toujours depuis le commencement, dans l’Ancienne et la Nouvelle Alliance…

    Pour presque tout le reste, c’est souvent un échappatoire a la question fondamentale :
    « Faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ET ENSEIGNEZ-LEUR À OBSERVER TOUT CE QUE JE VOUS AI PRESCRIT.. Et voici, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde … Si vous faites ce que Je vous ai dit….

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